" Oui. Merci, Yoochun, de m'avoir averti. "
" ... "
" Et toi, tu vas faire comment pour l'argent ? "
" J'emprunterai sûrement... Bon, Changmin, il faut que je le dise aux autres... "
" D'accord. Yoochun, merci encore. "
" Il n'y a pas de quoi. A demain. "
" Au revoir. "
Il posa le combiné sur le lit où il était assis et se laissa tomber sur les innombrables coussins. D'un coup il se leva et descendit quatre à quatre les marches de l'escalier. Ses parents soupaient dans la salle à manger. Il se servit mais ne put manger.
" Shim... "
" Pourquoi ... ? Pourquoi est-ce que ... ? "
" Shim... "
" Pourquoi le monde est-il si cruel ? "
Ce garçon trouvait toujours quelque chose de joyeux dans chaque instant de sa vie. Sauf en ce moment.
" Pourquoi Jaejoong ... ? Pourquoi la médecine - "
" Ne peut rien faire ? "
" Non. Pourquoi est-elle si chère ? "
La mère vint s'asseoir à côté de son enfant et lui posa une main chaude sur le genou.
" Shim... La médecine coûte très cher en argent... Mais elle coûte encore plus cher en vies humaines. Combien de personnes sont mortes pour que les chercheurs trouvent un antidote ? Combien ? Beaucoup. Trop. L'argent ne nous fait pas défaut, tu le sais. Sois heureux que ton ami ne soit pas mort. "
" Oui mais Jaejoong a besoin de cette opération. "
" Je n'ai jamais dit le contraire ! "
" Pour vivre ? "
" Non. Pour marcher. Et elle coûte très cher. "
" Combien ? "
" 100 000 wons. Les garçons et moi, on va se côtiser pour payer une bonne partie. Sa soeur ne peut pas tout faire, non ? "
" Non. Elle ne peut pas tout faire. Et c'est pour cela qu'avec cet argent, tu vas l'aider. "
Son père sortit un carnet de chèques de son long manteau bordeau et alignait les zéros les uns à la suite des autres.
" C'était Yoochun au téléphone ? "
" Oui. Papa, est-ce que je pourrais attaquer quelqu'un en justice ? "
Mr et Mme Junsu étaient assis sur le canapé bleu ciel du salon. A cette question de leur fils, tous les deux s'étaient tournés vers lui. Mr Junsu avait maladroitement posé sa jambe sur la télécommande et appuyait sur le bouton augmentant le volume.
" Le Président américain, en visite en Corée du Sud, s'entretenait ce matin avec son homologue japonais sur le prix du poisson et - "
Mme Junsu avait sauté du sofa et éteint le poste.
" Qui veux-tu attaquer, Kim ? Qui ? "
" Choi, je t'en prie ! "
" Changshik. A cause de lui, Jaejoong est dans le coma. A cause de lui, il ne pourra peut-être plus marcher... "
" Et qu'auras-tu de plus ? "
" Je veux qu'il paie pour ce qu'il a fait ! "
" Et quels arguments utiliseras-tu ? Comment prouveras-tu que c'est bien lui qui l'a attaqué ? Il se peut qu'il ait un très bon alibi - "
" Yunho les a vu - "
" Et alors ? "
" Il fait office de témoin ! "
" Peut-être que l'autre voulait aider le nouveau... "
" Papa, ce mec n'aidera personne... La meilleure chose qu'il ait fait, c'est d'avoir rompu avec Kaeyon ! "
" Bah, si c'est pour des filles... "
" Kim, laisse tomber... "
" Mais ... ? ! "
" Tu ne comprends pas encore tout à la loi... "
" Ce que je veux, c'est que vous m'aidiez ! "
" Comment ? "
" En m'avançant l'argent de mon anniversaire. "
" Pour ? "
" Pour que Jaejoong joue encore avec nous au foot... Même s'il est nul... Je veux qu'il puisse encore jouer... Je veux y croire... "
" Bonjour. Je viens retirer de l'argent. "
" Votre nom ? "
" Yoochun Park. "
Le jeune homme sortit sa carte bleue et la tendit à la femme derrière le guichet.
" Combien vous faut-il ? "
" Le tout. "
Elle pianota sur son ordianteur. Puis tendant une main, elle demanda une pièce d'identité. Il lui donna la sienne et attendit. Cinq minutes plus tard, il comptait le nombre de billets qu'il tenait en main.
' Rejoins-moi au troisième étage, devant la salle de devoirs surveillés. SJ '
La fille, qui avait reçu ce sms dans la matinée, alla au rendez-vous juste après les cours. Bien sûr le garçon n'y était pas. Et si c'était un jeu ? Ou un piège ? Ce ne l'était pourtant pas. Parce que la raison de cette rencontre était sérieuse, essentielle et d'elle dépendait la vie d'un garçon.
" C'est rare que tu m'envoies des sms. "
" ... "
" Il faut toujours que tu trouves des endroits reculés... Tu veux pas qu'on nous voit ensemble ? "
" ... "
" Jung ! "
Il avala se salive et s'approcha d'elle.
" J'ai une demande à te faire... "
" ... "
Il enfouit ses mains dans ses poches et marchait sans but précis.
" Ben, vas-y... Demande... "
" J'ai besoin de 20 000 wons. "
" Autant ? "
Il acquiesça.
" Et je peux savoir ce que tu vas en faire ? Parce que tu me dois déjà la moitié... Pour tout ce que je t'ai prêté. Et pour ma s - "
" C'est pour Jaejoong. Il est ma - "
" Malade, oui, je sais. Mais - "
" A cause de ton copain ! "
" Il ne l'est plus ! "
" Et alors ? Tu pouvais quand même être plus prudente ! T'es partie faire des cachotteries avec Jae - "
" On n'a rien fait !! Il n'a pas voulu ! Il n'a pas lâché ! "
" ... "
" Jung, c'était simplement un jeu ! "
" Ah ouais ? ! Ben, grâce à toi, Jaejoong ne pourra peut-être plus marcher ! Il est handicapé A VIE ! Et tout ça par ta faute !! "
" Qui ... Qui te dit que c'est de ma faute ? Peut-être que Changshik avait d'autres raisons ? Peut-être que... "
Fatiguée, humiliée, elle s'affaissa par terre, pleurant à chaudes larmes.
" Bon, tu m'les donnes, ces 20 000 wons ? "
Elle fit oui de la tête.
" De... De... Demain... Tu les auras... "
Les larmes qui avaient coulées le long de ses joues avaient effacé son maquillage. Il souleva son menton et la fixa droit dans les yeux. Les yeux verts de Kaeyon devinrent jaunes brillants comme le soleil. Il aimait ces yeux. Il les avait cherchés partout mais ne les avait trouvés nulle part. Sauf dans ce beau visage. Elle appuya ses mains sur ses épaules et se releva. Elle posa son front contre la vitre froide et regardait la cour, nue et blanche maintenant.
" Sarang, si jamais Changshik te fait une crasse, tu viens m'le di - "
" Oui, Yunho-Oppa. "
" ... "
" Jung, tu m'aimes encore ? "
Il enleva sa veste en cuir, celle de son uniforme, sa chemise. Puis, dos à elle, il lui dit :
" Tant que j'aurai ce tatouage, je t'aimerai, Sarang. C'est-à-dire, toujours. "
Alors elle retourna le corps musclé de celui qu'elle aimerait à jamais et, s'accrochant à son cou, elle l'embrassa.
Un bloc opératoire dans un hôpital de Séoul. Trois médecins renommés sont penchés au-dessus du corps d'un garçon de seize ans. Celui-ci, endormi, ne ressent aucune gêne, aucune douleur.
Bip.
" Vous avez réussi avec la jambe gauche ? "
" Oui. Tout est terminé. Et chez vous ? "
" La nôtre a été très endommagée. Les petits bouts d'os sont difficiles à replacer. "
Bip.
Une heure passe et les trois médecins ont enfin terminé les détails.
Bip.
" Le fémur droit est bientôt recons - "
Le patient, sensé être allongé sur le lit puisque dans le coma et endormi, se réveille :
" Alice, saranghae yo... "
Bip.
Puis, à bout de force, il retombe sur le billard.
" Docteur, nous le perdons ! "
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip !!!!!!!
